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Vientiane, la magie cool de la capitale laotienne
Le 05/02/07

Un week-end cool

Arrivés exténués d’un bus parti à 5 h 30 du matin, nous enchaînons sur des rythmes exploratoires séparés. Le soir, nous nous retrouvons sur les rives du Mékong où les petits restaurants attirant la classe moyenne laotienne grouillent de monde. Une sorte de fondue au bouillon est populaire sur ces rives illuminées. À leurs pieds, les rives du fleuve non canalisées s’étalent en cette saison sèche sous forme de larges bandes de sable blanc. Des dizaines de Laotiens s’y promènent jusqu’à l’eau, au moment où le soleil se couche en faisant flamboyer le sable. Dieu qu’on est loin des quais parisiens !

Durant tout le week-end, en attendant que l’ambassade du Cambodge ouvre, nous continuons à nous la jouer solo... C’est si rare ! J’en profite pour passer autant de temps que j’en ai envie au Morning Market où je me laisse tenter par les étoffes de soie et de coton brodés en abondance. Le service ici est efficace : le temps d’une visite au très fameux That Luang quelques kilomètres plus loin, où je me décide enfin à reprendre mes crayons, et ma nouvelle jupe est déjà cousue !

L’ambiance « laid back » (très cool) de la capitale du Laos déteint sur Emmanuel, qui préfère sortir une fois que le soleil est moins haut dans le ciel...

Les quelques wats qui ont le privilège de notre visite possèdent un charme particulier. Les milliers de bouddhas penchés du Wat Sisaket, un des plus vieux de Vientiane (le seul qui ait réussi à survivre au sac de la ville par les Thaïs à la fin du 19e siècle), répondent aux multiples alcôves qui percent les murs des galeries du « cloître ». Le calme qui règne dans ce cloître est infini. Mais il ne contraste pas réellement avec l’ambiance si particulière de cette capitale d’à peine 600 000 habitants.

Les palmiers qui servent de toile de fond à ce temple sont un des liants de cette ville dont le mix d’architecture coloniale française, de modernité occidentale et d’influence thaïe est intrigant pour nous... Menaçant pour le gouvernement.
À tel point que ce dernier s’est senti obligé de mettre des quotas de musique laotienne pour que les bars ne passent pas que des tubes importés à longueur de journée. Les femmes également sont très fortement incitées à porter des jupes traditionnelles en fourreau noir... ici contrairement à partout ailleurs au Laos, les jeans et les habits occidentaux prévalent en effet. Et lorsque je porte ma nouvelle jupe, je me rends compte que je suis la seule à porter ce type de vêtement !

le lundi au soleil

Le lundi à l’aube nous sautons sur nos vélos pour filer vers l’ambassade du Cambodge pour laquelle nous avons fait ce stop à Vientiane. En chantier, elle est difficile à trouver... Mais le service est efficace. Les visas seront près vers 16 h. Il nous reste toute une journée « à tuer ». Une courte escapade sur l’autoroute nous dissuade d’aller au parc des bouddhas que nous visions initialement et nous nous laissons avaler par la campagne qui colonise les rives du Mékong à quelque 10 km au sud du centre-ville.

La journée, contre toute attente est vraiment extraordinaire. Les visages sont aussi accueillants qu’au Yémen. Les « sabaidiiiiii » que les enfants et les adultes nous lancent à la volée tout au long du chemin sont vraiment chaleureux. Les touristes doivent être rares ici : en tout cas, aucune infrastructure n’est visible. Il faut dire que Vientiane n’est pas une ville où l’on reste, c’est une ville où l’on passe et ces territoires ruraux ne font pas partie du stop obligatoire. Emmanuel, en trouvant le moyen de dérailler et bloquer la chaîne toutes les 5 minutes, permet de nous rapprocher des gens. Les enfants s’attroupent, et on nous aide toujours avec beaucoup de diligence sur ce petit chemin de terre. Tout ça a décidément un petit air de Sunderbans... Le quotidien de ce bout de terre, fait d’activités simples et compréhensibles, possède en effet la même poésie que l’arrière-pays de Calcutta.

Ici pourtant la ville est si près... et si loin en même temps.

Ici, les pêcheurs et leurs grands filets travaillent sur les rives tandis qu’à l’intérieur des terres, les rizières et les champs se succèdent. Les petits villages et les wats de campagne alternent, tous vibrant d’une vie quotidienne riche de rituels. Nous croisons des files de moines tout jeunes qui sortent d’une fête en leur honneur, des billets dans leur robe. Plus loin des enfants chassent le lézard dans les arbres avec des lance-pierres tout neufs. Les femmes tissent des sarongs à n’en plus finir sous les pilotis des maisons surélevées tandis que - comme au Yémen - les hommes font la sieste sur des sommiers de bois. On en voit toutefois quelques-uns travailler sur des « murs » de bambous qu’ils tissent.

Nous roulons pendant près de 50 km dans cette campagne, de nouveaux chapeaux pointus de bambous sur la tête pour nous éviter l’insolation.

De retour en ville, la quête désespérée aux billets de bus « non VIP », c’est-à-dire aux billets de bus locaux, non vendus par les agences touristiques du centre-ville s’avère plus compliquée que prévue. Les gares routières sont en effet très excentrées. Il me faudra un autre petit effort de 40 km dans la nuit pour m’entendre dire qu’il n’est pas besoin de réserver et que, des bus, il y en a toutes les heures !...

Poste, cornes de rhinocéros et vol organisé

Nous envoyons notre 4e colis : 9 kg en France. Le racket marche bien à la poste de Vientiane au niveau des douanes, mais, en ce qui concerne l’envoi proprement dit, les prix restent corrects. Nous nous sentons maintenant plus légers...

À la sortie de la poste, des cornes de rhinocéros au milieu d’un étal de racines médicinales attirent notre attention. La médecine laotienne me semble tout à coup bien mystérieuse...
Cela dit ma récente expérience de racine paralysante à Vang Vieng, ne me laisse plus aucun doute sur le pouvoir des plantes. Je regarde et j’admire la connaissance immémoriale, et aussi la superstition, qui s’étale sur ce bout de trottoir...

Nos derniers souvenirs de Vientiane sont plus prosaïques et moins heureux. Le retrait d’argent pour le reste du séjour s’avère en effet compliqué : nous y passerons plus d’une heure ! Le seul ATM (distributeur de billets) du pays ne nous permet pas de retirer plus de 70 euros d’un coup. Il nous en faut 200... Hum. La transaction finale est donc des plus désavantageuses pour nous : nous finissons, en effet, par acheter 3.000.000 de kips en dollars à une banque hongkongaise avec un taux d’intérêt de 3 pour cent tandis que ma banque en France se fera un immense plaisir de me prendre 3 pour cent de plus pour convertir la transaction en euros, sans oublier sa sympathique commission habituelle. On doit en avoir presque pour 15 euros de frais. Heureusement que l’euro est fort !

Bus local et karaoké

Le bus local vers Thakek occupe notre après-midi. Le karaoké et les séries comiques sur le poste de télévision à l’avant fascinent les passagers. Nous ne comprenons rien, mais l’intrigue et la mise en scène nous font penser à une production des années 50 : les roulements de tambour ponctuent chaque blague, et le jeu exagéré des acteurs (toujours les mêmes dans toutes les séries) est un peu démodé (selon des critères strictement français bien sûr)...

Comme en Inde, les marchands montent dans le bus et nous offrent régulièrement de quoi manger. Les produits changent toutefois par rapport à l’Inde. Des poulets grillés et « dépliés » pour tenir à « plat » entre deux « chopsticks » de bambou circulent au milieu des bouquets de baguettes croustillantes à la française et des sachets de riz glutineux.

Les heures passent tandis que l’histoire du Laos entre mes mains, je contemple le paysage. Emmanuel, à mes côtés, s’imprègne quant à lui du bouddhisme dans un petit livre destiné au voyageur occidental. Dieu que c’est agréable de découvrir un pays en prenant le temps du bus !


Voir photos :
Vientiane, capitale du Laos (I) - visite de temple
Vientiane, capitale du Laos (II) - Balade à vélo



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