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Un week-end pas si reposant que ça... (1/2)
Le 25/03/07

Western à vélo et tourisme de masse

Où / Quand : Kunming, samedi 24 mars 2007
Quoi : Dernière tentative pour moi de voir un peu quelque chose d’intéressant aujourd’hui. Je me sens définitivement mieux et, même si nous avons tous les deux l’air fatigué de notre soirée d’hier, nous sommes décidés à faire de cette journée un souvenir qui vaille le coup. Après avoir réservé nos billets de bus de nuit sans nous laisser emporter par la frénésie des vendeurs arnaqueurs qui essaient tous de nous faire monter dans leur bus, nous nous dirigeons enfin sur nos petits vélos, à l’est de la ville, direction les « Western Hills ».
Le guide pour lequel nous avons opté (Let’s Go, édition 2005) se révèle une fois de plus assez limité. (Il nous a en effet déjà plusieurs fois indiqué des hôtels-restaurants et cybercafés qui n’existaient plus... Enfin en Chine ça a l’air d’aller si vite que je ne suis pas sûre qu’il soit le seul à blâmer...)
Les indications pour la route à suivre sont plus que sommaires et nous nous perdons plusieurs fois. Emmanuel tousse dans la poussière de la voie rapide sous laquelle nous nous roulons. Au fait, nous circulons avec les deux roues, les charrettes et les chevaux sur le bas côté d’une autoroute à 3 niveaux en construction...
Plusieurs fois, nous sommes sur le point d’abandonner, mais, à chaque fois, de charmants Chinois nous promettent l’arrivée dans 4 km.
Alors, nous repartons, le courage au coeur, les poumons en feu et les jambes en compote.

Au détour d’une bretelle d’autoroute, au bout de deux heures d’errance, le téléphérique nous surprend enfin comme dans un rêve. Nos vélos garés en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et nous sommes dans la cabine d’où nous survolons le lac enserré dans ses colliers innombrables de bitume sombre.
Un télésiège succède au téléphérique au-dessus des pentes très vertes des Western Hills. Une foule chinoise dense est de la partie : nous avions oublié que nous étions samedi.
Les prix sont pourtant exorbitants (la montée de 20 minutes nous a coûté 12 euros !) et pourtant les groupes organisés se pressent au portillon. Ils ont tous sorti leurs plus beaux habits et les maquillages sont souvent impeccables.
Malheureusement, l’arrogance elle non plus n’a pas été oubliée au vestiaire.
Je me demande qui sont tous ces gens... Je sais que la classe moyenne chinoise a explosé ces dix dernières années en Chine, mais combien sont-ils au juste à pouvoir s’offrir des attractions à ce prix (et je n’ai pas mentionné le prix du transport - personne n’est assez fou pour prendre le vélo - ni celui des entrées ou encore du parking...).
L’ambiance est donc un peu agaçante : chacun doit en vouloir pour son argent et il est ici plus question de se montrer que de regarder vraiment le site.

La fameuse « Dragon Gate » et sa vue imprenable sur le lac - le plus grand du Yunnan - à partir d’un chemin creusé dans le roc par un moine pendant 14 ans il y a quelques siècles de cela, me laissent un peu indifférente.
La Chine m’indiffère presque : j’ai envie de faire une pause.

Car, en plus d’être fatigués, nous manquons clairement de background culturel pour apprécier les différentes sculptures et peintures qui jalonnent le parcours. Tout notre « savoir accumulé » sur l’iconographie bouddhiste théravada en Asie du Sud-est nous est en effet de peu de secours, ici...

La descente à pied est plus détendue : nous croisons des groupes d’étudiants qui ont décidé de se passer des remontées mécaniques et soufflent sur le chemin de terre. Si on avait su, on aurait fait pareil !

Au moment de remonter sur nos vélos, l’appréhension nous reprend pourtant. Comment arriver à refaire la route en sens inverse et dans les temps, malgré la fatigue latente de ces derniers jours ? Nous décidons donc de tenter notre chemin en contournant le lac par l’autre côté, en nous inspirant de la vue quasi aérienne qu’on a eu de la colline...

Bien nous en a pris, car aucune de nos craintes ne se réalise, et la route est très agréable. La rencontre en pédalant, avec un charmant étudiant qui nous fait la causette, dans un anglais hésitant, depuis son VTT emprunté à son professeur, est très chouette. Il veut tout savoir de nous et, même si je laisse de gros blancs dans la conversation, il arrive toujours à revenir à la charge avec un nouveau sujet.
Pour l’encourager, je raconte un petit bout de notre voyage à venir (en Chine surtout) et lui explique que nous allons au Japon ensuite...
Oups la gaffe : il se rembrunit rapidement et m’explique que, les Japonais, il ne les aime pas. Pas du tout. Personne ne les aime en Chine d’ailleurs, et dans son université tous ses copains boycottent avec application tous les produits japonais !
J’aurais pourtant dû m’en douter après le livre marquant que nous avions lu quelques mois plus tôt (Cf. « Tokyo » de Mya Hader)...

Un embouteillage très impressionnant de deux roues sur la très large piste cyclable (+ de 5 m), finit cependant par dissiper notre léger malaise, et on arrive finalement à temps à l’hôtel pour y rendre nos vélos, récupérer nos sacs, avaler un plat super épicé sur la route et marcher une petite heure avant de sauter dans notre bus de nuit.

Une petite tentative d’arnaque pour touriste fraîchement débarqué de leur continent européen nous inquiète 30 secondes (*) avant de plonger dans un profond sommeil bien mérité.

(*) Un homme propre sur lui et parlant un anglais très correct (ce qui est très rare en Chine pour l’instant) débarque dans le bus, replace les couvertures, vérifie nos tickets, et entame la conversation. Il nous parle soudain de nos bagages et nous indique le chiffre « 10 », le seul caractère que nous pouvons déchiffrer dans le charabia chinois au dos du ticket. Apparemment, il s’agirait de la limite de poids à ne pas dépasser en matière de bagages... Sans nous rendre compte tout de suite qu’il n’a pas pu voir nos bagages dans la soute, nous le regardons pourtant avec scepticisme quand il nous réclame 100 yuan pour l’excédent de poids de nos sacs à dos. J’hésite et soudain décide de m’emporter, en menaçant d’appeler la police. Il hésite lui aussi, diminue le prix, mais l’énervement l’emporte et je crie presque.
Il s’enfuit.
Ça a duré 5 minutes...
Nous sommes stupéfaits : c’est tout ? Et ben, la Chine, c’est quand même bien moins dur que l’Inde !!

La suite : Un week-end pas si reposant que ça... (2/2)



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