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La Vierge sous la pluie - Baños 1/2
Le 07/06/07

Baños

Une petite ville au pied d’un volcan toujours en activité,
Un plan en grille orthogonale basique, des bâtiments relativement récents et pas toujours intéressants sur le plan architectural...

Baños.

Littéralement, ça veut dire « les bains », mais c’est assez drôle tout de même puisqu’en espagnol Baños veut aussi dire « salle de bain » ou, plus simplement encore, « toilettes » !

Nous sommes arrivés dans la ville en fin d’après-midi après un réveil relativement tardif à Latacunga, où nous nous remettions avec lenteur de notre petite randonnée de la veille sur les bords du volcan.

Il faisait beau et les versants abrupts des collines qui entourent la ville nous ont rapidement plongés dans le même univers que celui de Quito, tout en camaïeu de verts, un peu étouffant sous les nuages, mais tellement vivant sous le soleil.

Et puis nous sommes partis pour un petit tour du propriétaire.

L’heure de la messe

L’église, dans laquelle de nombreux tableaux témoignent des miracles que la « Virgen de Santa Agua » accomplit apparemment depuis des siècles, a tout d’abord été impossible à visiter. Il était 4 h de l’après-midi en semaine, mais le prêtre y disait une messe.
Un peu désemparés devant ce qui nous semblait être une incongruité locale, nous nous sommes inquiétés de savoir à quel moment nous pourrions revenir : par chance, les horaires des messes étaient inscrits sur une plaque de marbre à l’entrée.
Vous ne le croirez peut-être pas, mais en semaine, à Baños, il y a tous les jours 4 messes. Et le samedi, il y en a 8 et le dimanche 9 ! (à 6 h, 8 h, 9 h, 10 h, 11 h, 12 h, 14 h, 16 h, et 18 h !!)
En vérité, je vous le dis, le travail d’un prêtre sud-américain n’a RIEN avoir avec celui d’un prêtre français !...

Mais ce n’était pas si grave. La ville est, en effet, bien moins connue pour son architecture que pour les imprévisibles et brutales éruptions régulières du volcan (la dernière a ravagé la ville en 1999), et surtout ses fameux bains d’eau chaude ferrugineuse.

Nous sommes donc passés à côté de la piscine de la Virgen, histoire de prendre nos marques. Une longue queue composée de petites femmes indigènes, et d’Indiens baraqués à cheveux longs attendait que le guichet ouvre pour la soirée...
On aurait juré que les gens indigènes du coin se servaient de la piscine comme de bains municipaux autrefois !... Et on a un peu hésité à les rejoindre dans leur baignoire commune ce soir.
« On aurait bien le temps les jours suivants... »

Il pleut un peu...

Quelle erreur !
Dès 7 h du soir, la pluie a commencé à tomber dru.
Et elle ne s’est pas arrêtée de la nuit.
Ni de la matinée suivante.
Ni de l’après-midi...

Le sommet des contreforts du volcan que la veille nous apercevions très nettement depuis notre chambre avait complètement disparu au cœur d’un nuage très, très bas qui s’effilochait jusqu’au sol.

C’était un peu désespérant.
Il faut dire que lorsqu’on est en voyage comme nous, on vit un peu la moitié du temps dehors... et maintenant que les cours d’espagnol sont terminés, nous n’avons plus vraiment de raisons de rester enfermés à l’hôtel...

Nous avons quand même pris notre courage à deux mains, avons enfilé nos chaussures conçues pour un voyage au Yémen en plein ramadan (c’est-à-dire 25 degrés à l’ombre minimum) et nous sommes lancés à la conquête des contreforts, d’où nous espérons avoir une petite vue sur le sommet du volcan toujours en grande activité, qui est, soi-disant, toujours en train de cracher de la fumée noire.

Graffitis... très catholiques

L’ascension a été un peu plus longue que prévue, puisque nous sommes tout d’abord passés rendre visite à la Vierge en marbre qui domine la ville. Juchée sur une plateforme de béton au-dessous de laquelle il nous a été possible de nous abriter quelques instants, elle était d’un kitch tout à fait local :)
Les piliers de la structure étaient couverts de graffitis faits au marqueur ou au Tipex. En tentant de me réchauffer, je me suis amusée à essayer d’en lire quelques-uns, pour voir si je pouvais les comprendre.
Et là, j’ai été bluffée.
Je m’attendais à des cris de rébellion adolescente, comme on en voit en France, ou au mieux des revendications politiques, comme on en voit partout sur les murs ici (leur président a aussi été élu cette année)...
... Mais non !
Le premier graffiti que j’ai lu, un graffiti frais qui devait être fait par une jeune fille de 15 ans, à en juger par le style un peu naïf (un cœur dans lequel des initiales étaient gravées), disait ceci :
« Virgen de Santa Agua, Bénissez notre union ainsi que celle de tous nos proches - Pour un Amour éternel - blablabla... » !!

J’ai lu récemment dans un magazine anglo-saxon tout à fait sérieux que l’Église catholique traversait une crise à l’heure actuelle en Amérique latine, et qu’à Mexico par exemple 8 milliers de fidèles quitteraient le sérail chaque jour...
Il semblerait qu’en Équateur, le vent souffle différemment... La relève semble dans tous les cas bien assurée !

El sentero luminoso

Les minutes et les heures ont ensuite passé doucement sous le vent et le crachin.
Le sol était très humide et plusieurs fois nous avons failli nous enfoncer jusqu’à la cheville. De petits éboulements de terrains encombraient par moment le chemin. À un moment donné, une petite dame en costume traditionnel qui arrivait en sens inverse nous a demandé si dans la montée nous en avions vu d’autres d’un air un peu inquiet. Nous l’avons rassuré d’un sourire. « Non, il n’y a rien de bien important ».

Mais, de quoi s’inquiétait-elle au fait ?
Il allait nous falloir attendre le lendemain pour comprendre...

Nous avons continué de grimper.
Nous sommes passés à côté de « champs de cochons », c’est-à-dire de prairies en pentes où les cochons sont plantés à intervalles réguliers, au bout de laisses accrochées à de petits piquets.
Quelques maisons parsemées, de-ci de-là, étaient entourées de monceaux de bananes pourries autour desquelles poules et poussins picoraient allègrement dans la boue.

Juste avant d’arriver au « Mirador del Volcan », des rayons de lumière, filtrés par les nuages de la manière la plus romantique qui soit, ont éclairé avec magnificence les flancs du volcan dont la base se révélait enfin à nous...

Mais le mirador en lui même était pris dans un nuage.
Complètement noyé de brume et de bruine.
On n’y voyait pas à 10 mètres...

Un coup d’épée dans l’eau, comme dirait mon papa...
Quelle déception de savoir que l’on est pour la première fois de notre vie à quelques centaines de mètres d’un véritable volcan actif, de savoir la ville menacée de manière plus ou moins réelle (la ville est toujours en zone orange, et, à la moindre éruption, elle serait recouverte de lave en moins de 15 minutes !),
... et se voir refuser le simple droit de l’apercevoir !!

Un petit cadeau de la Vierge en passant

Après avoir attendu en vain dans la pluie du nuage qu’il nous apparaisse, même un tout petit peu, nous sommes finalement redescendus.
Nous avons pris un autre chemin histoire de varier au moins un peu les plaisirs, mais, mis à part une colonne de fourmis rouges que nous avons dérangée, le paysage, cette fois, ne nous a rien offert de particulier.

Heureusement, le hasard ( ?...) fait bien les choses, et sur notre chemin, nous avons trouvé deux charmants Belge-Français avec qui nous avons passé une excellente soirée. Ces jeunes gens, qui sont aussi en « tour du monde » depuis 2 mois, avaient en effet, chose quasi extraordinaire, à peu près le même profil que nous. La trentaine, un boulot duquel ils avaient démissionné tous les deux, et un enthousiasme communiquant !
La chouette soirée que nous avons passée au restaurant à parler à bâtons rompus de tous les pays que nous avions croisés sur notre route a passé comme un éclair.

Ce serait dommage de ne pas remettre ça, non ?

Voir les photos illustrant nos aventures : Baños, à mi-chemin entre l’Amazonie et la montagne

La suite : Une petite expérience en salle de bain... - Baños 2/2



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