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Dernières nouvelles du putch
Le 28/09/06

Extrait d’un article interactif du Monde quelques jours avant le Grand Départ

« La vie est toujours aussi paisible à Chiang Maï. L’armée, qui était basée devant chez moi jusqu’à ce matin, a quitté les lieux pour aller je ne sais où. D’après mes contacts avec quelques Thaïlandais, tous ou presque sont heureux des événements. Les Thaïs pensent que l’armée va rendre au peuple tous les pouvoirs. La vie suit son cours exactement comme avant. Thaksin, qui est pourtant natif de Chiang Maï, ville pour laquelle il a investi un maximum, n’est pas approuvé à 100 %. »

Valentin André, Chiang Maï, Thaïlande

« Je suis Français, marié et résidant en Thaïlande. Je travaille en tant que professeur de français pour une importante société française implantée en Thaïlande. Mardi soir, tout était tranquille. Rien ne laissait présager ce qui allait survenir. À minuit, ma femme a reçu un appel de son frère. À 5 heures du matin, le mercredi, je me suis levé et suis parti travailler à Saraburi (80 km au nord de Bangkok). À mon arrivée, mes collègues thaïs me demandent ce que je faisais là, tous les étrangers travaillant pour ma société étant restés chez eux suite au coup d’État. Incrédule, hésitant entre la peur et l’envie de rire face à une blague, j’ai dispensé mes trois heures de cours. Au retour, je les ai vus : une dizaine de chars sur la voie rapide, en position d’attente, canon tourné vers le nord (vers la province), les gens montant sur les chars, apportant des fleurs et des vivres aux militaires, qui portaient tous le brassard jaune. Jeudi, même situation. Pas de violence, juste la loi martiale imposée, pas de couvre-feu. La vie continue à Bangkok et les informations s’accumulent : les militaires promettent de remettre le pouvoir au peuple avant quinze jours, nommant une commission d’enquête sur d’éventuelles malversations financières lors de la construction du nouvel aéroport. À la tête de cette commission, une civile reconnue comme étant particulièrement honnête, qui fut limogée par Thaksin il y a quelque temps pour avoir enquêté sur des faits similaires au sein des ministères. Ce matin, les dix chars que j’avais pris l’habitude de voir en partant bosser ne sont plus que deux. La procession des gens nourrissant les soldats est toujours là. Est-ce la guerre à Bangkok ? Non, absolument pas. La vie continue avec un petit sourire qui avait disparu depuis quelques mois et qui est revenu. »

Olivier Ousmail, Bangkok, Thaïlande

« Mardi soir, un appel sur mon portable vers 23 heures m’annonce que je dois rester chez moi, surtout éviter le quartier du Grand Palace, mais de ne pas m’inquiéter. J’allume ma télévision, Channel 5 est étrange, un générique pro-roi passe en boucle avec des chants et ses paroles en sous-titres, ça fait très karaoké. Je passe sur CNN et je vois le président américain faisant une déclaration sur un coup d’État en Thaïlande ! Je me rue sur Internet et ainsi j’apprends qu’une partie de l’armée a pris le siège du gouvernement en l’absence de Thaksin. Le lendemain, rien ne me choque à part l’absence d’embouteillage dans les rues de Bangkok. Au bureau, tout le monde se pose encore des questions, quelques personnes ont reçu au réveil l’annonce du putsch ! À 9 h 30, le directeur convoque tout le personnel, annonce un « day off », si l’on se sent plus en sécurité chez soi, on peut rentrer. Je reste cependant dans les locaux, mais à 15 heures, il n’y a plus âme qui vive, je rentre chez moi. Le soir, je sors sur Khao San Road, rue touristique par excellence, rien à signaler, si ce n’est quelques militaires devant la gare routière. Le lendemain, journée de travail as usual, rien ne transparaît, tout le monde travaille, rien ne semble s’être passé. En discutant entre nous, j’apprends que la veille, les bureaux de l’immigration étaient encerclés par des tanks, à cinq minutes de chez moi. Rien vu, rien entendu ! Le coup d’État pour moi - une Française ayant comme unique repère les cours de lycée sur la révolution rouge -, devait être quelque chose de sensationnel, impressionnant et finalement ici rien ne se passe ! Les Thaïlandais ont fait leur putsch, comme à leur habitude, le sourire aux lèvres... »

Dorothée Lachaut, Bangkok, Thaïlande

« Je n’ai jamais vu la capitale aussi calme et paisible. Les night-clubs sont toujours ouverts, les « farangs » (étrangers) sont toujours en quête d’exotisme, les boîtes à massage tournent à plein régime, et les employés de bureau comme moi se retrouvent encore dans le métro bondé le matin. Je n’ai jamais vu les Thaïs aussi heureux que depuis mardi. Tout le monde est excité au bureau et ne parle que de ça. La seule préoccupation ici, c’est que Tahksin ne rentre pas. La vie suit son cours. Tout le monde est confiant pour l’avenir. Cela ne peut pas être pire que Tahksin ! Vous vous imaginez, à cause de Tahksin, les nights clubs ferment à 2 h du matin !!! Mais où est passé ce bon vieux Bangkok by Night ? Je comprends que les médias étrangers condamnent l’acte militaire en lui-même, mais il faut fouiller plus profond, dans l’âme des Thaïs. De toute façon, ici, la seule chose qui compte pour ces gens, c’est le roi. Il était contre Thaksin, car il savait que Thaksin avait truqué les dernières élections. Et le roi est favorable à ce coup d’État. Lorsque les tanks ont commencé leur longue marche vers le siège du gouvernement, j’ai vu des jeunes étudiantes qui prenaient des photos avec les soldats, des camions qui s’arrêtaient pour donner de la nourriture ou des fleurs aux soldats. Je suis étudiant, en stage, et je ne connais pas encore très bien la Thaïlande, mais je n’ai jamais vu autant de sourires que depuis mardi. Aujourd’hui, il y a une rumeur comme quoi les partisans de Thaksin se rassemblent et manifestent à Siam Paragorn, le plus gros centre commercial consacré aux produits de luxe et à la mode de Bangkok. Mais comme c’est la loi martiale, n’importe quelle manifestation, aussi pacifique soit-elle, est strictement interdite. Beaucoup craignent que des événements se déroulent là-bas. »

Benoît Waechter, Bangkok, Thaïlande



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