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Soirée yéménite à Hadda - 2/2
Le 07/10/06

Donc nous voilà bien à destination : Hadda.

Un village un peu perché sur les hauteurs. Un homme nous invite à manger ce soir chez lui. Lui s’en va prier pour la prière.

Il nous laisse alors tous les deux avec quatre gamins. On continue notre visite du village. On monte, on monte...

Au-dessus du village, la montagne qui monte de manière abrupte. Les jeunes nous conduisent par les ruelles à une proéminence rocheuse assez surprenante : d’abord une roche verte pomme, puis dessus un plateau rocheux de type volcanique. Paraissant au premier abord insurmontable, on se retrouve très vite au sommet. De là-haut une vue magnifique sur tout le bassin entouré de montagnes qui en contrebas contient Sanaa et ses environs.

Hé hé, mais d’ici au coucher du soleil, l’heure de manger, il faut passer le temps. À coup de mimes, de dessins et de périphrases gestuelles, on arrive à discuter avec eux de tout et de rien, de leur pays et de leur vie.

À sec de discussion, nous redescendons vers le village. Nous retrouvons notre hôte qui nous convie à rentrer dans sa maison. On se retrouve avec quelques personnes dans une salle, tapis et coussins au sol. On essaye de discuter un peu... Bon, personne ne parle anglais, ni français... À l’aide d’un très vieux guide de conversation arabe vers anglais, on échange quelques phrases.

Notre hôte, Mohamed, est cultivateur de khat et d’amande, qu’il vend au souk de Sanaa. Il a quelques chèvres et moutons, et quelques autres plantations pour sa consommation personnelle. Il se dit poète à ses heures. Il vit là avec sa famille nombreuse, ses parents, ses frères et sœurs.

De la soirée, nous n’aurons vu seulement quelques petites filles, mais aucune femme, sauf dehors au moment de partir, toutes voilées bien sûr. C’est dommage, car elles ont l’air plus instruites que les hommes et savent souvent parler un peu anglais.

Ensuite vient, depuis la mosquée, le chant qui délivre tous les musulmans du jeûne. Après une rapide prière, on descend dans une autre salle. En quelques minutes, on engloutit tous ensemble plusieurs plats qui défilent sous nos yeux. Mohamed nous explique qu’il mange vite pour arriver plus vite au moment « sacré » du khat, la drogue douce locale. En fait, nous mangeons au sol, tous dans les mêmes plats avec la main (droite ! c’est important). Rien à dire sur les cuisinières anonymes, c’était très bon !!

On se lève tous pour passer encore dans une autre salle. La salle du khat. On est bien une quinzaine assis en tailleur avec des coussins. Tous habillés en costume traditionnel et nous deux, là, côte à côte, un peu intrus, tous les regards tournés vers nous.

Magali, refuse de tester le khat. Moi, sous les encouragements, j’essaye... Plusieurs personnes me donnent une part de leur khat, des petites feuilles, qui pourrait ressembler à du troène. Une feuille, deux feuilles... Allez, on finit le paquet... Le khat se mâchouille et se met de côté dans la joue. Pour les gros consommateurs, la joue grossit, grossit... La mienne avait du mal à grossir, peut-être que j’en avalais un peu au passage... Les effets du khat ne me sont pas parus flagrants... Un peu de nervosité peut-être et des frissons avant de me coucher. J’imagine que les effets les plus intéressants, ça vient avec l’habitude. D’après eux, cela éclaircit la pensée, fait philosopher... D’après Mohamed, la cigarette et l’eau vont très bien avec le khat.

La soirée passe agréablement. Nous discutons. Parfois difficilement. On se rend compte que la culture joue beaucoup ; des gestes, qui semblent pouvoir être compris par tout le monde, génèrent des quiproquos. Et cela, malgré les talents linguistiques et gestuels de Magali !

Mohamed feuillette inlassablement son petit livre de conversation. Toutes les 20 min, il se tourne alors vers nous pour nous déclarer (en anglais) : « Vous êtes bienvenus ! » puis « Vous êtes mes invités » puis « Je suis fier de vous », etc.

Puis vient la séance photo. Tous veulent se faire prendre en photo, vieux et jeunes. Chacun amène ces enfants pour qu’ils y passent. Pour les remercier, nous allons leur envoyer ensuite toutes ces photos.

Mohamed insiste pour que nous dormions chez lui. On ne préfère pas, car on paye l’hôtel et s’ils ne nous voient pas revenir chercher la clef, on ne sait pas ce qui peut arriver ; les gens de l’hôtel n’étant pas très sympathiques.

À 23 h, nous repartons pour Sanaa. Mohamed a décidé de nous accompagner jusqu’à Sanaa, il tente même de nous payer le taxi... Il nous raccompagne jusqu’à l’hôtel.

Pff, c’est fou ça, on n’a rien demandé, on reçoit tant avec tellement de ferveur ! C’est difficilement compréhensible... :o)

Plus fort encore, Mohamed passe le lendemain à notre hôtel en notre absence pour nous laisser un sachet de raisins secs et un sachet d’amandes !

La suite du tour du monde s’annonce bien ! Inch Allah...



Ca discute...

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