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Attente sur les crêtes du Jabal Bura
Le 14/10/06

Dans une chambre perchée

J’écris depuis une chambre au 4e étage d’une grande maison dans un village perché sur la crête d’une montagne. Je ne connais pas le nom du village. D’ailleurs, il doit être sur aucune carte. Magali est avec 3-4 femmes de la maison. Elle est en train de se faire mettre du henné sur les pieds et les mains...

Les hommes sont dans une maison voisine. Ils broutent du khat.

La chambre est traditionnelle : du lino bleu à fleurs roses au sol. Le mur couvert de chaux blanche. Quelques décorations rouges et vertes. Une banquette et un lit surélevé. Une pièce de 2x3m éclairée par une lampe à huile. Bien sûr, beaucoup de mouches et quelques cafards.

C’est toujours impressionnant de monter dans ces espèces d’immeubles en pierres et en terre. Plutôt petit en France, ici je suis plus grand que la plupart des gens. Faut faire attention à la tête... On entre par une petite porte, on dit bonjour aux moutons et à leurs petits. On gravit chaque étage quasiment dans le noir (pas d’électricité) par un escalier aux marches irrégulières, couvertes de terre battue.

Invité à manger du khat avec les autres. J’ai été interrompu par un appel téléphonique sur portable. C’est incroyable ces nouvelles technologies qui cohabitent avec des pratiques ancestrales encore quotidiennes.

Les chaussettes dans les nuages

Donc ce matin, nous sommes partis pour une longue marche le long des crêtes, en slalomant entre les terrasses de café et de khat. Le paysage est vraiment magnifique. Pleins de villages perchés, agrippés aux parois des montagnes, des maisons isolées parmi des chaos rocheux, on ne sait ni pourquoi ni comment, à des altitudes qui en France serait laissées aux chamois ou à la neige éternelle. Étonnantes, ces terrasses partout, sur la moindre parcelle de terre où sont montés de lourds murs de pierre afin de n’y planter parfois qu’un seul plant de café...

Sur la fin du parcours, on a une vue plongeante sur les contreforts de Jabal Bura et la plaine ouest du Yémen, dans la perpétuelle brume qui plane sur les abords de la mer Rouge.

Nos deux guides, Mouty, 15 ans, le frère immature d’Ali, l’organisateur du Trek, et Salim - un trekkeur en tong- 20 ans, gentil, souriant et armé d’un pistolet à la ceinture, ont porté nos sacs pendant tout le trajet. S’il était effectivement prévu qu’on retrouve nos affaires à chaque étape, je ne m’attendais pas à ce qu’on porte mon sac à ma place : on se sent un peu coupable... M’enfin, j’avais quand même un petit sac plein de bouteilles d’eau et de nourriture. ;o)

À midi, on fait une longue pause, on somnole un peu, les nuages de chaleur commencent à arriver. Puis comme dit Magali : on a mangé « les chaussettes dans les nuages... ». Effectivement nous étions en plein dedans !

Attente...

Vers 14 h, on arrive au village, sans forcer, après plusieurs longues pauses devant des paysages à couper le souffle. Entrée dans le village suivi par une troupe d’enfants réclamant des photos : « Soula, soula ! ». Comme d’habitude, les rues sont pleines de papiers, détritus, excréments. Les plus vieux nous regardent passer d’un air méfiant ou accueillant, ça dépend. Après avoir réveillé l’occupant d’une maison (c’est le ramadan) commence une longue attente dans une grande pièce entourée de banquettes. J’étais convaincu que l’homme qui nous a accueillis était une femme : imberbe, traits de femmes, voix aiguë. Mais non. C’est un homme : cheveux courts, chemise et jupe traditionnelle portée par les hommes. L’attente est longue. Notre guide Mouty ne nous renseigne pas assez sur les raisons de l’attente. On doit dormir chez le cheikh du village. Peut-être dort-il encore ? Avec le ramadan, les horaires ne sont plus les mêmes...

Magali a des maux de ventre depuis la fin de la matinée. Vers 17 h, on demande à aller au hammam (salle de bain + toilettes). On nous dit qu’on va chercher les clefs... L’attente est longue...

Une demi-heure plus tard, on se dirige enfin vers le hammam. Il s’agit en fait des toilettes de l’école. Malheureusement sur les 20 clefs à notre disposition aucune n’ouvre ce hammam. Après 3/4 d’heure d’agitations, les villageois cassent le cadenas à l’aide de pioches locales. Il fait nuit.



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